CHAPITRE 7 – Chaos (2018)

Effet ordinaire de désordre nerveux

I

Je ne voulais rien te faire paraître

De ce que j’ai de caché dans la poitrine

J’ai suivi une drôle de doctrine

Pour ne pas te voir disparaître

Qui ne ressemble à rien de ce que je suis

Qui passerais mes nuits à te contempler

Qui passerais ma vie à t’écouter

Qui donnerais mon sang pour abreuver

Cet oiseau bleu de malheur

Que ton sourire enjôleur

A niché dans mon coeur

Que rien ne blesse pourtant

En jeune célibattant

Loin de mes vices, une peur se glisse

Du trouble animalier

Démence complice

De l’envie de t’aimer

Qu’as tu fait de ma liberté juvénile ?

Qu’as tu fait de ma rage fébrile

De tous les désirer ?

Dans un battement de cils, tu m’a rendu docile.

Et à tes pieds je m’agenouille

Avant de sombrer lascivement

Dans tes bras mon amant.

 

II

Il y avait ce chemin

La lumière d’hiver

Les arbres se sont ouverts

Sur la Loire aux embruns

Où se baignait dans un silence

Les souvenirs de mon enfance

Mon coeur à l’oiseau bleu

Rejoignais dans le froid

Mes désirs amoureux

Avare de ton regard

Des addictions sensibles.

 

III

N’ai pas peur de me faire du mal

Je suis le rock inébranlable

D’avoir besoin de moi ?

Oh, je t’indigue déjà !

 

Car je suis la tendresse d’une mère

Et le silence de la Horla

Je suis le spectre gris et froid

De la plus cruelle des chimères

 

De la lame de mes yeux

J’ai glissé dans ton coeur

Cet oiseau bleu de malheur

Qui te fera tomber amoureux

 

Dessaisi de ta vanité

Dans mes bras vint t’abandonner

La créature en profitant

Pour se nourrire de ton sang.

 

IV

 

C’était une pluvieuse nuit d’hiver

Ciel brûlant et délétère

Le petit Montmartre s’affichait en clair-obscure

Et j’abandonnais mes doutes concernant ta nature

 

Tes baisers m’emplissait d’indigence

Et mon triste penchant à la concupiscence

Me laissait t’admirer, ta voix et ta beauté

Tes mots finements choisis troublaient mes verités

 

Le décor était hors du temps

La maisonnette en pierre répondant à la tour

Tout dans ton regard, ton être exhortant

M’appelait à croire en une histoire d’amour

 

Pont de St Mihiel

 

Mes mains ne répondaient plus

Ma bouche imprégnées du goût de fer de mes lèvres gercées

Mes chevilles transpercées d’aiguilles gelées

Et l’héron

La brume à la surface, âme de l’Erdre qui dort

Et l’héron s’envola

Nuit du mois de décembre

Une plume se pose sur le bitume

Nuit de glace et mon coeur tremble

L’héron s’envola et le temps s’arrêta

 

Avenue de Strasbourg

 

L’astre luisait tant qu’il brisait les nuages

Il me demanda alors si j’étais encore vierge

D’autres auraient laché la dote, c’est dommage

Pour laisser dans ton corps la répugnante sève

 

De ses mains tiraillées, il caressa mes lèvres

Il fourra dans ma bouche un goulot d’alcool aigre

Et me mit à genoux pour un sacre laconique

Me fit reine dépravée, adoubement pathétique

 

Et d’enfant ingénue, j’en devint fille de joie

Pourquoi un nom si tendre pour condition immonde ?

Je tentais par le ciel d’oublier mon état

Mes supplices à Logos, à la Lune s’y fonde

 

Homme déchu

I

A vouloir atteindre le réel au-delà des morales

J’en deviens misère, et s’affaisse en un râle

Ma jeunesse aux chimères et mes désirs honteux

Que je viens à me perdre et noyer dans tes yeux

 

Mon Herbert, ta Lolita vieilli

Ses mains la trahisse à ces mots interdits

Que de nos jeux infâmes, envies imprononçables

Ma tête me crie Télos quand mon coeur reste affable

 

J’ai ai mis dans ton âme une plante assoiffée

Qui puisera dans ton être à longues allampées

Mauvaise herbe que je suis, à mes cheveux fougère

Grandissant moins sans peine aux bitumes et déserts

 

Mais pour un temps, dans la nuit suspendu

J’en oubliais ton âge et ma faible vertue

Nymphette de passage, tu m’oublieras peut-être

Ou mon corps délicieux te garderas en maitre.

 

II

Ce soir-là, j’ai pleuré pour toi

Oh mon frère, nous qui n’étions pas permis

Moi qui n’étais rien, ta Lolita chérie

Je me suis brisée à la voir dans tes bras

 

Et je souffre de ne plus me blottir

Contre ton coeur meurtri et glacé

De ce regard que tu lui as porté

Sous mes yeux fait de moi la martyre

 

L’insomnie me reprend à rêver de ses temps

Où je me délectais de tes regards charmants

Je veux tes mains, ton odeur et tes lèvres

A me jeter dans les rives de la Sèvre

 

Herbert ; nous avons déjà bravé l’interdit

Je me fou de tout et d’être la deuxième fille

La putain, la maîtresse qui puisera tes envies

Devenir parmis celle de toutes que j’ai haïe

 

Sous mon khôl se posa l’oiseau noir

Entends-tu mes tristes doléances

Et tout en moi s’enfume comme dans un encensoir

De mes ailes brisées je me meurt en silence

 

Que veux-tu ? Que ma colère amène l’onesti ?

Je te sais avide de mes divines onctions

T’adressant sensuelles liturgies

Hideuses et viles exhortations

 

Mes roses faneront jusqu’au dernier pétal

De ces vents violents, amours laconiques

L’enfant s’effondrant dans un râle

Brûlant à mon corps paralytique

 

Oh, mon coeur et mon âme

Apostat, renégat !

J’ouvrirais des pogroms pour les filles qui t’aimeront

Le bec de l’oiseau noir rouge sang de Cordelia

Agnosique, anomique, cruelle émulation

 

Service du soir

 

La nuit prend dans son lit la belle cité des Ducs

Devient ville Belzébuth dans laquelle je divague

Slalome entre les âmes enivrées de cocagne

D’un vin rouge en plastique aux bouchons de Champagne

 

Ananké les aliénes, et de nos sorts je tremble

Et quitte à en mourir, autant sauter ensemble

Il refuse le discours qui nous prend nos désirs

Cet homme beau comme un Dieu et fou dans son empire

 

Tapie dans la pénombre, à la Stoa des mondes

Jours et nuits s’insultant dans un duel d’ombres

A ces heures incongrues, on se rit de Morphée

Le vide est terrifiant, l’insomnie sussurée.

 

La Belle Equipe

 

Deux jeunes étudiants, prometteurs, c’est certains

Ils étaient mes ainés, de cinq ans plus ou moins

Par ma peau Diaphane, maquillée en fantôme

De mon linceul spectral, contemplait les deux mômes

 

Pepsi Cola aux verres, j’écoutais leurs palabres

Sans vraiment les comprendres, avalées dans leurs barbes

Que je mourrais d’envie d’effleurer de mes lèvres

Et j’en reviens impie à mes désirs mièvres

 

De cet hommes travaillant, aux lunettes et col blanc

Un regard me lança, rappelant son passé

De quelques demoiselles qu’il avait courtisé

Et je lui répondis d’un sourir entendant

 

Aux dames blabla, à l’ambroisie vermeille

A leurs paroles se mêle l’ardeur du rouge à lèvres

Idéal et soignées, deux femmes confessent

Leurs cancans d’amourette et leurs petites détresses

 

Portrait naïf de fidèles clients

La Nouvelle Belle Équipe aux lumières tamisées

Où le petit monde finira de tourner

Au fil de l’Erdre et traversant les temps

 

Masculinisme

 

Tout comme je deviens esclave d’un de tes doux regards

Certains hommes m’écoeurent, virilité infâme

De ceux qui me repoussent à l’odeur

Du spleen malade d’alcool, et à ceux dont l’ardeur

N’attise que ma haine et ou du moins ma peur

A ceux qui n’adresse qu’une parole autaine

Pour se contempler à leur place souveraine

A ceux qui animal en fond mon aversion

Gueulant dans les stades avec leurs aires de cons

A tous ces beaux parleurs qui m’imbiberent d’aigreurs

Qui mirent en moi la bête que je garde en horreur

A ce père violent qui me fit enfant gris

A ce professeur qui un jour me punis

Aux simplets, aux brutes, aux machos

Aux intellectuels, aux chétifs, aux fachos

Aux tyrans, aux présidents et à leurs mères,

Car derrière tous grands hommes se cache une mégère

Toi aussi traitre, collabo, je te condamne !

Au moi, oh vile, je te répudie !

Tu as aimé le mâle et l’a eu en ami

Tu en as admiré la beauté endormie

Avec lui tu as joué, tu as dansé, tu as rit

N’as tu pas honte ma fille

De croire en l’harmonie

De nos différentes biologies ?

 

Vide

 

A ces mains vieillissant prématurément

L’angoisse infinie, la bête noire m’envenime

Dans une lutte importune du désir de l’enfant

De ne pas sombrer dans l’aigreur divine

 

Se refuser au sentiment océanique

C’est ne trouver à sa vie aucune bonne logique

Se soustraire aux morales, natures et véritées

Le vide m’emplit d’une tristesse ensencée

 

Au tombeau des Danaïdes je m’indiffère

A l’homme, providence de détresse et misère

Souffrire pour la débauche et l’ivresse

Jusqu’à ce que le flux du temps nous empresse

 

Qu’est-ce que de l’or à valeur

Que de vivre sans matière est notre peur

Je frémi de l’oubli éternel

Plus qu’à d’autres de perdre sentinelle

 

Spécisme

 

On le pendra par les pattes

Et de son cou on le trancha

On lui arracha la rate

Et de ses plaintes, on l’éttripa

 

Devant ses amis, ses frères

On exhiba ses viscères

L’homme couteau à la main

Passa rapidement au prochain

 

Le sang inondait les parterres

L’odeur de mort emplissait l’air

A la marchandise vivante

Avançait en dilettante

 

On mit la chair dans des barquettes

Il se retrouva dans mon assiettes

Mon steack transformant Eros

En quelques paquets d’os

 

La journée la plus froide

 

Terrible froid de Février

Ton souffle laissait penser à tes années passées

Vieille dame du tram

Tu m’a tendu la main pour que je les réchauffe

Et devenu à ma journée magnifique apostrophe

Mes mains abîmées par la vie autant que les tiennes par le temps

A se demander, de toutes les deux, qui avait encore âme d’enfant

Avec un lourd regret, je te laissais à la gare

Toi gardant mes gants, moi retenant ton regards.

 

Jour gris

 

I

Bleuit la carcasse

Pochés mes deux yeux

Je boit la tasse

Du bain afflictueux

 

Tordu mes viscères

Écrasé mon coeur

Rester fière

Femme forte dans l’horreur

 

Oublier mon ange

Tes poings et tes coups

Les lèvres violentes

Me brisèrent le cou

 

Oublier mon coeur

Ma grisaille répudie

Éthylique aigreur

A mon âme alanguie

 

II

 

Barrière grise au paysage

Nuages gris, pluie au présage

Sur ses marches grises, mes nuits volages

L’oiseau gris de passage

Erdre grise et sale

Mon âme grise abyssal

Tes yeux gris amiral

Ton teint gris animal

Brume, tempête, aigre

Aigre, triste rauque

Merde, ma vie est glauque

Ma vie est un souque

Ma vie, où est ton soleil ?

Sous la crasse grise

Briser le silence

Vingt ans de malheurs

 

Lundi

 

Lundi belle France

Lundidisciple

Lundi livresse

Ivresse danse

Lundi tes yeux et ton absence

J’entends encore tes dissonances

Ton soleil bas qu’au sot l’y laisse

Lundi livresse, journal Fakir

Ta rageuseté qui m’attire

Lundi thé épicé et bar ancien

Lundi matin

Je t’attends encore, lundi lapin?

 

Yôsephyâh

 

Il y a, il y aurait tellement de choses que j’aimerais te dire. J’ai la langue qui me pique, les lèvres qui tremblent, mes tripes et mon cœur qui s’agitent. Oh, mais je ne peux rien t’avouer pourtant. Tout cela est trop grand, trop fou, trop risqué. D’abord il y eu ton regard, tes mains, tes cheveux et l’odeur de ta peau. Il y eu le baiser volé sur le quai du tramway, scène parfaite filmée en clair-obscure d’une romance Arlequin. Et puis il y eu tes étreintes. Odes à mes soupirs. Dieu créateur dans mon chaos primitif. OnEros. Pulsion de vie. Oiseau bleu. Addiction sensible. Tues devenu mon ersatz et ton manque creuse mon ventre, de son bec fin comme une lame, jusqu’à mon âme cédant doucement à la folie délicieuse.

 

Folie

Qu’est-ce que de la folie

Que de l’état normal de tous

Et dont nous sommes eppris

Que de nos passions nous soufflent

Qu’est-ce que de l’addiction

Que besoin d el’humain

Bête prise d’alliénation

Oui nous le sommes c’est certain

Qu’est-ce que de la haine

Que de rage délicieuse nous anime

Aux armes et au sang nous amène

Peignant notre histoire et nos hymnes

Finalement qu’est-ce que le mal?

Que de plus proche de la nature nous connaissons

Que de plus universel n’a d’égal

Et d’avec candeur nous jouissons

Page blanche

 

J’ai pas l’inspi

Mais j’écris pourtant

Parce que j’ai peur de laisser un

Blanc

Parce que j’ai peur du vide

Et tellement prête à sauter

Parce que je suis vide

J’essaye de combler

Par l’alcool, la clope

Par des mots, mauvais

Mais qui ne tue pas

Enfin je crois

Je croise les doigts

De ne pas claquer le stylo

Planté dans le dos

 

Recette

Il y a pour faire un bon poème,

En voici la liste des ingrédients,

La transe qui nous y amène

Et le doux souvenir d’un amant

 

Ouvrir sa nature dçolente

Non sans une certaine abnégation

Sortir de la tristesse latente

Dont on voulais faire abstraction

 

Car un bon poème doit être noir

Sentir le vieux bitume, la peine désespérée

Et le corps du poète en fumoir

Récoltant le fruit des affres demés

 

Apporter le plus grand malaise

A ces pieux soucieux de l’ascèse

On leur apprends la délicieuse envie

Des immoralités et fruits interdits

 

Ce qui fait bien écrire, c’est la mélancolie

Douleur justement dosée d’une certaine poésie

Mais ce soir mon cœur saigne à flot

Et j’écris alors un poème de trop

 

 

Troubles alimentaires

 

Le jeûne me donne l’illusion d’être amoureuse car j’ai la sensation que le creux de mon ventre, en s’y habituant, se rempli de papillons.

Que mon cœur carencé, avec le temps, deviens plus léger.

Que mon esprit flou et vacillant n’est que prit de passion.

Que mes insomnies ne sont que le fruit de ma déraison.

 

Peau de bête

 

Fumer la cigarette dans le noir

J’ai besoin de boire

De me saouler

J’ai besoin de te voir

De me piquer

De te detester

De me remplir

De me faire vomir

J’ai besoin d’oublier qui je suis

De comprendre qui j’étais

De foutre le feu à mon matelas

De m’oublier dans tes bras

De me jeter

De tout jeter

De dormir

De me réveiller

J’ai besoin de me secouer

Ou de ne plus exister

Exister en un autre

J’ai besoin d’écrire

De crier, de criser, de croupir, de souffrir, de t’aimer

De m’aimer?

Dépendance de ma vie diurne

Tourmente de la bête nocturne

Mon cœur et mon âme grise et assoiffée

D’un vin d’aï à la mousse pressée

De la bouteille à la force élancée

Vint frapper mon esprit calciné

Que le cric me croque

Lui qui s’approche de sa gueule moche

Prose de la névrose

L’oiseau noir se pose

Se repose et s’endort sur son perchoir grandiose

De ses ailes de verre et d’épine

De ses yeux noirs comme l’abîme

A l’étreinte me lamine les mains

Les coudes, le foie, les lèvres

Que l’insomnie soit brève

 

Prières impies

 

A ma grand-mère, Thérèse Mocquard

Dont j’ai hérité le don de voir

En chacun la tristesse camouflée

Chère grand-mère, je viens à vous prier

 

Donnez-moi la force, donnez-moi le courage

De survivre à ma nature volage

A ce démon qui grouille en dedans

Asservie aux pleurs de l’enfant

 

Était-ce le prix de mon esprit?

Ma chère grand-mère, en cette nuit je vous prie

Pour calmer enfin la gueule béante du monstre gémissant

Profond comme le vide, brûlant comme un volcan

 

Vous qui avez subit les pires atrocités

Je me sent faible de ne pouvoir résister

Seulement devant ma propre destruction

J’en prie ai miracle, à ma résurrection

 

Thérèse, mon sang, ma chair et mon ancêtre

Donnez-moi la force d’être

Et alors je serais plus que la vie elle-même

Par pitié, faite tarir mes peines

 

Des colombes contre Collomb

 

J’ai embrassé un sans-papier

Il ne parlait pas tout à fait comme moi

Mais quand il m’a pris dans ces bras

Je me suis sentie tout à fait comme lui

 

Il arrivait de Tunisie

Sur le radeau de la mésuse

Il a des rêves d’Utopie

Et tout est beau, et tout l’amuse

 

J’ai embrassé un sans-papier

Il avait ce sourire brisé

De ceux qui ont connus la peine

Mais dont la rage coule dans leurs veines

 

Et ses mains usées par le froid

Caressaient mes cheveux bouclés

On refaisait le monde sur les quais

Me laissant porter par sa voix

 

J’ai embrassé un sans-papier

Avant qu’il ne se fasse embarquer

Il saura que la France l’a viré

Mais qu’une nantaise l’a aimé

 

 

Almanach

 

Pour faire passer le temps

Je lis des romans de pages blanches

Le héros est méchant

Et cherche la revanche

 

Pour faire passer les heures

Je passe mon temps à dormir

Rêver du doux bonheur

En me laissant dépérir

 

Pour faire passer les jours

J’attends le prince charmant

Qui me fera faire le tour

De son arrondissement

 

Pour faire passer les semaines

Je fait des incantations

Pour que le diable s’amène

Me dire ses opinions

 

Pour faire passer les mois

Je me brise le coeur

En ne pensant qu’à toi

Me noyant dans mes pleurs

 

Pour faire passer les ans

Je fait des projets mâchés

De grandes idées

Et des faux plans

Sans jamais les tenter

 

Pour faire passer ma vie

Je m’enfume l’esprit

Je me coupe les mains

Je me tue à la tâche

Je ne vois plus de demain

Depuis qu’elle m’appartient

Qu’elle me prend, qu’elle m’attache et qu’elle m’a torturé

Je veux faire passer ma vie

Depuis que je l’ai rencontré

Ma folie

Brûlons tout !

 

Je brûle

De partout à mon être

De te voir déçu et de me voir paraître

Je brûle

De tes regards souillés

De mes vapeurs soulantes

Et de pleurer souvent

Des mes aspérités

Du désastre hérité

Et des astres luisants

Je brûle

De ne connaître qu’un monde

De ne pouvoir le changer

D’être maître rubiconde

Elohims esseulé

Je brûle de mes travers

De mes affres déléteres

Je brûle entre mes mains

Que la fumée se taise

D’avoir peur d’être étreint

D’avoir peur d’être éteint

Et d’éteindre le soleil

Qu’à Hélios me révèle

A ces plus doux parfums

Je brûle en silence

Dolente incandescence

Émascule une jeunesse

Que le temps laisse pourrir

De ne pas avoir servie

A me faire érudit

Et à construire la fronde

Que l’époque gronde

Dans un éclair brillant

Porté par des vaillants

Bien plus vaillants que moi

Et c’est vingt ans déjà

Qu’en un claquement de doigts

Je ne serais plus là.

Décider de ma vie?

Mais quelles sont mes envies?

Mon mignon, Pierre ou Louis

Oh, d’en user leurs lèvres

De monter à Paris

Pour passer une nuit

Dans des bras amoureux

Et pour frémir aux veines

Qui parcoure son cœur

De me faire comme sa soeur

Son âme et sa passion

Qu’à être le poison qui brouille la raison

Je brûle

La nappe de nos agapes

Le vin et le divin

La fin et le devin

A la braise mon ascèse

Mes erreurs et mes pleurs

Mes rixes, mes appétences

Et prie pour qu’avec chance

Je retombe sur mes pattes

De bestiole hirsute et un poil sociopathe

Pour que me lâche enfin la créature immonde

Oh, comme un souvenir m’innonde

La lumière du matin

 

Au torréfacteur de Sainte-Pazanne

 

⇒ à lire en dégustant ce chocolat

Il est quelque chose que nous avons perdu en ce monde où tout est abondance, c’est la préciosité d’une tablette de chocolat. Cette manière avec laquelle on ira la chercher, dans le haut du placard, rangée avec les autres denrées raffinées tel que le café et le thé, dans une belle boite en fer, à la fin d’un repas, poussé par une dernière gourmandise. On ouvrira délicatement l’emballage. Oh non, le doux bruissement du papier d’aluminium n’a pourtant pas changé, et on en cassera les carreaux pour partager aux convives, avant le dernier verre de liqueur annonçant leur départ.

C’était comme cela chez maman, le chocolat faisait partie de ces délicatesses qu’on laisse fondre sur la langue.

 

A un charmant musicien

 

De mes jardins noyés par le tonnerre

Serais-tu de ces fleurs qui saurait à refaire

Les parfums brillants des jours heureux

Où l’Helohims de Jussieu

Trouvera le mystique aliment

S’épanchant à tes regards charmants ?

Botanique ramenant à l’accalmie

Et soignant de l’auguste ambroisie.

Alors je reneterais de ces gouffres amers

Et survivrais à ce brûlant désert.

Maudit soit à jamais le poète déchu

Qui se convaincu, en une triste venue

Que l’obscur ennemie ne peut être vaincu

Que dans la débauche et l’ivresse.

Et les avenirs maintenant paraissent

Bien moins incertains.

Qui sait si le grain semé

Trouvera à jaillir?

Mais de ne plus souffrir, il me reste  à aimer

Et de trouver dans nos désirs

La lumière du matin.

 

Comptine de vigne

 

Le savoir-boire

Un peu d’histoire

Sur l’étendard

De nos soulards

Listant de ces péchés heureux

Le vin joyeux

Le vin bilieux

Vin amoureux

Poison harmonieux

La bouteille agite

Nos vies rhapsodiques

Point hermétique

A l’oeucumenique

Le vin prosaïque

Empiromatique

Tanins cocagne

Cépages Champagne

A cinq caudalies

Dont la mousse pétille

Les longues jambes

Du vin de chambre

Tu me caresses

De ton ivresse

Le vin charnu

Un peu bourru

S’ouvre sur des promesses tenues

Le sein ténu

Des vins de Loire

S’ouvrira à qui veut les boire

Le vin de clochard

Amène l’espoir

Le vin de patron, la rébellion

Le vin d’Alsace

Nous vends ses grâces

Bordeaux inonde la Gironde

Oh Saint Vincent

Je te dois tant

En nous gardant

Les douces merveilles

Du fils sacré du soleil

 

Le pire de l’homme

 

Les filles des rues sont des danseuses étoiles

Donnant leurs corps nus à des ballets de chambre

Souffrant de ne pas être petit rat d’Opéra

Ce sont les rats qui dorment dans leurs bras

Leurs haleines ont des parfums d’alcôve

Leurs regards torves à leurs chevilles s’abreuvent

Et ce sont, entre ces êtres, des amours funèbres

Des nuits de cocagne au goulot d’alcool aigre

Pour rafraîchir les appétits brûlants

De ces bêtes féroces aux gosiers gémissants

Deuxième sexe, ventre de l’humanité

Contemplant les monstres qu’elles ont enfantés

A la patience d’une mère, les prenant en pitié

Et dans des étreintes anéantissant

Jusqu’au cadavre de leur âme

Voila comment ont-ils détruits les femmes

 

Incandescence

 

La fumée d’encens

Tout comme un spectre dansant

Apaise mon esprit dolent

C’est tout comme si je pouvais voir

Mes pensées nébuleuses

S’enfuir de l’encensoir

S’évanouissant en bandeaux odorants

A cette vue charmante

Voyage et arpente

Les jardins d’Orient

Loin de mon petit appartement de Nantes

Plus rien n’a d’importance

Que la fumée d’encens

Que me laisse l’espoir

De ma convalescence

Malgré cette indigence

Qui m’attend patiemment

A vouloir faire ma vie

Sur mes petits écrits

De cahiers raturés

De faire la primauté

A la littérature

Plus rien n’a d’importance

Que la fumée d’encens

Nantes

 

Cette ville qui n’appartient à aucun peuple

Nantes

Une ville d’eau et de feu

Où j’ai connu autant de pleurs que de vie, autant de rires que de profonds désespoirs.

Ville cruelle, pleine de couleurs

Nantes l’effrontée, Nantes la douce

Que j’aime écrire sur tes quais

Nantes qui me parait si hostile et familière

Ville où je suis née mais que je découvre alors

Nantes sur tes pavés, j’y ai usé mes nuits jeunesse, mes amours, mes promesses.

Je t’ai rêvé, de tes censives et de ta foule.

Au mois de mai, de cet été salé qui me parait lointain

Oh ma nantaise qui est née dans le sang !

On se ressemble, pas vrai?

 

Rêverie de l’Erdre

 

La douceur du temps

Amène aux épanchements

De la vive jeunesse

Excusons ses ivresses

 

Le pétillement des vaguelettes

Ensuive à leurs amourettes

Oublions le vide

Rafraîchissons l’Euremide

 

A mon cœur que rien n’arrête

Au jours heureux et leurs mensonges infectes

La vie d’adulte, c’est long et chiant

J’aimais bien ma vie d’enfant

Ma vie d’avant

Quand les tourments étais doux

Et la fête nouvelle

Je rêve que je me releve

Dans ces espoirs charmants

J’espère que

J’espère alors

Que je vivrais longtemps

Pour mettre à bien mes utopies

Pour mourir en érudit

Pour lutter contre la vilenie

Pour voyager en harmonie

Avec le temps

Découvrir les gens

Plus besoin d’argent

Quand on à le soleil

Les belles idées

Le poing levé

Notre vérité

ensommeillée, les vieux aigris

Le fruit muri

Cette rage dolente

Ce petit caillou qu’y a dans mon ventre

Il y a Yvan à la guitare

David à la clarinette

J’crois que ce soir c’est jour de fête

Alors j’oublie mes noirs penchants

 

Sauvage

Oh, le petit lionceau!
Qu’il était sauvage mais qu’il était beau!
C’était sans ignorer que c’est à son âge
Qu’il faut lui apprendre à courber le dos

Le petit lion aime à être éduqué
A sa fierté quand le public applaudit
Le dresseur usant de pédagogie
Lui inculquant les bonnes moralités

Et le lion grandit, à sa belle crinière
Quand il rencontra un drôle de mammifère
Instruit par Morel, Frayne et Springer
Le félin comprit alors sa misère

Lui qui était un si bon travailleur
A ces courbettes, n’en avait plus le coeur
Toutes ces grandes idées torturaient son esprit
Se sentant alors misérable, incompris

En attendant de trouver à s’échapper
Il se noyait dans la misère et son corps lui rendait
Il devint laid, sa peau partait en lambeau
Et il fut si mauvais à faire ses numéros

C’était un artiste! Depuis petit il le savait
Il voulait se battre pour construire un monde parfait
Enfermé dans sa cage, il s’insurgeait de son sort
Puis ce fut décidé : La Liberté ou La Mort!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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