CHAPITRE 3 – Un jour, trois automne (2014)

Des mots d’amour

 

Petit bout de papier

Juste un coin de cahier

Pour un petit poème

Pour t’écrire je t’aime

 

Lettre à l’encre tachée

De mon passé tachant

Pour quelques mots touchants

Dans tes yeux attristés

 

Douceur de la feuilles

Déformant ma main

Auquel j’ai fait le deuil

De son jolie matin

 

Nouveau mois de septembre

J’étais mieux dans ta chambre

M’oublier dans tes bras

La douceur de tes doigts

 

Ode aux lipides

 

Tu glisse sur mon corps

Et tu le satine

Jaune est mon trésor

A l’odeur divine

 

Trésor brun

Coulant entre mes mains

Et entrant en ton sein

Pour un simplisme divin

 

Dans l’alchimie

De cette poudre blanche

Tournant en une danse

Ta lèvre se donne envie

 

Je ne veux que toi dans ma bouche

Je te croquerais sans peurs

Qu’un jour je ne sois qu’une souche

Grandeur du goût: le beurre !

 

Chassés-croisés

 

Un ou deux regards

Aphrodite se marre

Deux joues qui rougies

Rêvant d’une partie

De sa courte jeunesse

Traduisant sa faiblesse

Devant le désir

Qui le fait frémir

Pour une inconnue

Aux courbes ingénues

Courant après elle

Dans le battement d’ailes

De ses douces paupières

Qui regardent la mer

Quand il voit dans ses yeux

Cette grandeur, le grand bleu

Cette douceur, amoureux ?

Qui peut l’affirmer ?

Car même quand on est lié

On ne peut en être certain

Que quand l’autre est défunt

 

Le bagne

 

J’ai l’impression d’être un petit animal que l’on met en gardiennage pour qu’il sache faire le beau. On ne fait plus attention à moi qu’à une pâquerette dans une jardin mal entretenu. On ne peut rien dire, on ne peut même pas rien faire. On vous interdit de penser ou de parler contre leurs pratiques abusives. On est ici seulement pour nous laver le cerveau. En enlever les idées de renouveau, d’amour et de liberté pour y graver à jamais le rendement, l’économie et la soumission à la hiérarchie. Je vois chaque jours mes amis « rentrer dans le moule » pour effacer lentement la personne que j’ai pus connaître quand elle sortait de son enfance, pour s’écraser dans leur idéal de petit robot qui ferme leur gueule. Et puis, peu à peu, on se dit « c’est comme ça ». La fatalité. On accepte la fatalité illusoire puisqu’elle n’est pas vraiment. Comme l’homme a inventé Dieu, le professeur inventa la soumission de l’élève envers lui. Alors qu’il ne doit être autre que notre serviteur de savoir offert généreusement par l’État. Respectant notre patrie, nous respecterons notre professeur et notre patrie nous respectant, le professeur nous respectera.

 

La confession du Saltimbanque

 

Dans la nuit emmitouflé de son manteau doré, il fait résonner les grelots de son tambour. Le trottoir, peu à peu, se couvre de curieux. Il crache le feu, fait voler les quilles et des rires retentissent. Dans le vieux chapeau troué, quelques pièces tintent. Son dîner. Et il court, il part, de villes en villes, de trottoirs en trottoirs. Il va seul avec son art. Autour du feu, la neige fond au son du violon. Les notes de Tchaïkovski sonnent dans la vieille Russie. Belle Russie ! Belle mais cruelle… Et derrière les grilles, dans son pyjama gris, un matricule sur le cœur, ses doigts gelés jouent la dernière phrase d’une symphonie pathétique.

 

Les ruines

 

Dans les murs abandonnés

Deux petites âmes curieuses

Sous le souffle des trépassé

Caresses amoureuses

 

Dérangeant le passé

Les vagues se font moqueuses

Engloutit les rochers

La route se fait dangereuse

 

Pour un dernier baisé

Avant la mort sauveuse

Histoire éternelle

A la fin silencieuse




Infante

 

Poussière dorées

Poudres satinées

Viennent colorer

Ses yeux pochés

 

Les doigts appliqués

Sur cette œuvre éphémère

Tatouage poudré

A ces destins amers

 

Les cils en papillon

Tu contemple ton visage

Tu te pose la question

Si ça ne fait pas trop sage

 

D’ une grande habilité

Tu essaye de paraître

Au regard inchangé

De ton non-être

 

Airefrance

 

Un océan blanc

Figé dans les airs

Aux mouvements du vent

Infini désert

 

Des monts glacés

Sans habitants

Juste hanté

De rêves d’enfants

 

Monde irréel

Terre inerte

Demeurant immortel

Au dessus de nos têtes

Les quais charnels

 

D’un œil avide tu louche

Sous ma jupe puritaine

Tu rêve que ta bouche

Frôle le tour de mon haine

 

Oh moment volé

Langoureuse musique

Ton délicieux doigté

Mes souffles angéliques

 

Ma chemise provocante

S’ouvre sur mes seins

Gorge continente

S’abandonne en tes mains

 

Mes lèvres effleurées

Par ta langue céleste

Divine sensualité

Troublantes caresses

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